Une troupe de théâtre amateur : Comme une petite entreprise.

Chamalo-Avril 2017-B

Billet d’humeur

Il nous a semblé intéressant de lever le rideau des coulisses d’une troupe de théâtre d’amateurs. Afin de permettre au grand public de découvrir un endroit retiré. Le plus discret. Côté budget. Côté charges. Côté travail de l’ombre.

Difficultés humaines et économiques

En effet, la montée en puissance de la religion de l’économie apporte quelques difficultés à certaines associations qui managent des compagnies de théâtre : Fin des subventions municipales et départementales aux amateurs. Locations de salles de spectacles de plus en plus chères. Faible nombre de salles équipées pour la pratique théâtrale. Faible réseau artistique local. Echanges de services ou mutualisation difficiles entre les compagnies. Droits d’auteurs (SACD) : Avance financière obligatoire des droits d’auteurs quelques mois avant de jouer. Difficultés de diffuser un spectacle et de sensibiliser le public. Difficultés de communiquer. Recettes incertaines (exemple : participation du public au chapeau très aléatoire). Bénévolat mouvant. Comédiens multicartes (peuvent être comédiens dans plusieurs troupes)… Les Présidentes et Présidents de compagnies de théâtre amateur doivent désormais gérer leurs structures comme une petite entreprise.

Voici la plupart des charges qui entrent dans le coût final d’un spectacle. Mais il y a de nombreux cas de figure différents en France. Cette approche est loin d’être exhaustive. Il s’agit de donner une idée globale.

Nous prenons l’exemple d’une association-compagnie de théâtre amateur, de taille moyenne, d’une dizaine de membres. Qui tente de produire un spectacle par an. Qui ne fonctionne qu’avec des comédiennes et comédiens bénévoles. Et participe à des festivals.

Coûts de structure communs à tous les spectacles

. Adhésion à une fédération de théâtre

. Assurance

. Equipement technique de base. Achat et maintenance. Son et lumières.

. Communication internet : Serveur, maintenance technique, formation…

. Frais de gestion de l’association : Démarches administratives, formation, communication, téléphone, comptabilité…

. Partenariat, échanges de services avec d’autres structures, mutualisation…

. Déplacements réunions.

Coûts de production

. Metteur ou metteuse en scène professionnel(le) éventuel.

. Décors, costumes, matériel technique spécifique au spectacle

. Formation des artistes et technicien(ne)s

. Location d’une Salle de répétitions

. Déplacements des artistes

Coûts de diffusion

. Communication

Documents à réaliser pour diffusion sur le site web.

Documents papiers

Graphiste, photographe, vidéaste…

. Location de salle pour certaines représentations

. Droits d’auteur pour certains spectacles et certaines représentations

. Déplacements des artistes et du matériel.

. Festivals. Pour certains d’entre eux : Inscription, déplacements, hébergement, repas.

Voilà dressé le travail effectué par les bénévoles. Ces artistes de l’ombre. Qu’ils en soient ici remerciés.

Bénévolat

Un élément rarement comptabilisé, rarement chiffré, rarement valorisé : le temps de travail des bénévoles. Indicateur révélateur de la bonne santé d’une association et qui peut mettre en exergue un bilan comptable au regard des élus et partenaires.

Cet article se veut aussi un appel aux personnes qui ne sont pas attirées par les feux des projecteurs et qui souhaitent aider et défendre le théâtre amateur par une activité de soutien à la pratique artistique. Un job qui demande du temps mais apporte un merveilleux enrichissement humain.

Mutualisation

Une nécessité pour le théâtre amateur aujourd’hui : la mutualisation. Le partage de certains frais (Technique, formation, communication…), le dynamisme d’une équipe plus large, une image extérieure plus percutante, plus stimulante.

Guy Dieppedalle
Architecte de mots éphémères

Documentation complémentaire

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