Roland Dubillard. Un auteur loin d’être absurde. Les Diablogues

Les Diablogues-Guy Dieppedalle et Luciano De Francesco-Photo Yannick Perrin

Billet d’humeur

Aburde. Vous avez dit absurde ? Dubillard ?

Dubillard. Absurde, oui. Peut-être. A la première lecture. A la première audition. Mais ouvrons le livre Les Diablogues, par exemple. Certains textes percutent. Posent questions. Interrogent le spectateur.
Le texte « Les voisins ». Deux personnes observent des voisins par le trou du mur d’un appartement. Voyeurs. Ils aperçoivent une réalité déformée. Une part du réel. Etrange. Drôle. Mais loin d’être absurde. Nous touchons à cette impossibilité parfois que nous avons de communiquer avec nos voisins proches. D’aller les voir. Leur parler. Leur sourire. Mieux appréhender leur fonctionnement. Leur culture. En fait, nos voisins, ce sont des étrangers. Etrangers à notre vie. On les observe par une faille du mur. De leur vie, on n’en voit qu’une partie. Alors notre esprit s’évade et part dans l’imaginaire. Et touche peut-être les limites de l’absurde. Mais l’absurdité vient de nous-même. De nos fantasmes. De notre peur de la différence. Ainsi naît la crainte. La méfiance. Le rejet de celle ou celui qui n’est pas comme nous.
Autre texte qui questionne légèrement. « La pluie ». Nous avons toutes et tous nos phobies. Ne pas vouloir sortir sous la pluie en est une. De fil en aiguille, de question en question, Dubillard entraîne ses personnages dans l’absurdité de la phobie. Il nous montre que, derrière une peur, peut se cacher autre chose. Plus profond.  Plus subtil. L’un des personnages de Dubillard s’aperçoit alors que, derrière sa crainte de la pluie, se cache celle de la police. Etrange, non… ? Mais pas si absurde que cela.
Quant à Monstres sacrés. « Dans Bérénice, elle était extraordinaire ! »… Il s’agit d’une critique toujours d’actualité. Une caricature de ces « spécialistes » de la Culture. Dont les propos excessifs vous idolâtrent une star. Au point d’en devenir burlesques, voire absurdes.

Guy Dieppedalle
Architecte de mots éphémères

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Les Diablogues, de Roland Dubillard. Artissimo Annecy fédère 4 compagnies

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Les Diablogues 2018-Photo Yannick Perrin

Billet d’humeur

Quatre compagnies dans le vent de l’humour en absurdie

Artissimo Annecy a créé, en janvier 2018, un spectacle « Les Diablogues » de Roland Dubillard. Un auteur original à la croisée des chemins de l’absurde, de l’humour et du déjanté. Qui n’hésite pas lever le voile sur les travers absurdes de notre société. Une influence de Ionesco. Un zeste de Beckett. Quelques bribes de répliques à la Raymond Devos.

Cet auteur est relativement peu interprété chez les comédiens amateurs, excepté en ateliers. Artissimo a souhaité présenter un auteur original à son public. Mais, au-delà de cette démarche artistique, Artissimo a voulu créer un dynamisme humain et collectif. Cette association a su fédérer d’autres associations autour de ce projet. D’autres ressources. D’autres potentiels. Rouge banane Théâtre, de Grenoble, apporte son savoir-faire, sa spécificité : sa technique Lumières.  L’Orgues à Elles d’Annecy apporte un instrument original, un orgue de Barbarie, sa musique et la voix magnifique de sa chanteuse. L’un des comédiens est issu de Croq Sésame Compagnie, Aix-les-Bains. L’autre de la compagnie Caf’thé, Annecy. Quant à L’Auditorium de Seynod, il offre sa salle de spectacles. Une démarche de mise en réseau, de construction de liens qui permet au théâtre amateur de renforcer son poids humain. D’élargir son rayon d’action et ses capacités. De tracer sur les planches de la scène, quelques mots d’amitié, d’humour et d’amour. Pour le plaisir du public.

Guy Dieppedalle
Architecte de mots éphémères

Documentation complémentaire

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Les Diablogues.  Guy, Cécile, Luciano.  Photo Yannick Perrin

 

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