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Actualités. Les dangers de facebook dans le théâtre amateur

Machine à écrire Primette-PhotGuyDieppedalle

Billet d’humeur

Le théâtre amateur devient de plus en plus friand de Facebook. Au détriment des sites et des blogs. Facebook, est un média facile d’utilisation. Le réseau d’amis peut grandir au fil des représentations. Tu tisses des liens imaginaires ou réels. Tu es rapidement informé-e. C’est instantané et tonique. Tu montres ton dernier spectacle. Les avis positifs. L’ensemble de la troupe. Les visages. Les regards. Tu valorises les noms, les fonctions, le curriculum vitae des artistes… Petit point négatif : tous les internautes ne possèdent pas une page Facebook et il faut en ouvrir une pour lire celle des autres. Mais l’argument massif qui semble plaider en sa faveur : Facebook serait « gratuit ».

Facebook t’enlève les droits d’auteur

Sur internet, rares sont les sociétés qui te proposent des services gratuitement. Quelqu’un doit payer sous une forme ou sous une autre. Facebook se rémunère à sa façon. Si tu es écrivaine ou écrivain, photographe, illustrateur-trice, sur Facebook sache que tu n’as plus l’exclusivité des droits sur tes oeuvres.
Une mention, que tu signes sur la page des conditions générales d’utilisation de Facebook, stipule clairement que le réseau s’approprie tes contenus. La firme est susceptible de les revendre sans ton autorisation :

Vous nous donnez expressément la permission suivante, conformément à vos paramètres de confidentialité et des applications : vous nous accordez une licence non exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook.

Et vend tes images et tes textes

Dans le point 9.1 de leurs conditions générales d’utilisation tu acceptes d’attribuer une licence à Facebook. Une licence commerciale sur ton nom, ta photo de profil, tes contenus et tes informations :

Vous nous autorisez à utiliser votre nom, votre photo de profil, vos contenus et vos informations dans le cadre d’un contenu commercial, sponsorisé ou associé (par exemple une marque que vous aimez) que nous diffusons ou améliorons. Cela implique, par exemple, que vous autorisez une entreprise ou une autre entité à nous rémunérer pour afficher votre nom et/ou la photo de votre profil avec votre contenu ou vos informations, sans vous verser de dédommagement. Si vous avez sélectionné une audience particulière pour votre contenu ou vos informations, nous respecterons votre choix lors de leur utilisation.

Avec des conditions d’utilisation ainsi contractualisées, on comprend maintenant pourquoi Facebook réclame régulièrement à ses utilisateurs de renseigner toujours plus leur profil et les incite à publier leurs contenus sur le réseau.
Bon nombre de compagnies de théâtre amateur utilisent cet outil. Publient les photos de la troupe. Les images du spectacle. Un regard. Un visage. Un texte. Sans s’inquiéter du droit à l’image des personnes. Sans se soucier du droit de l’auteur à disposer de son texte. Sans prévoir ces autorisations à demander préalablement à toute publication. Les images sur Facebook restent en ligne des dizaines d’années. Et il est très difficile de supprimer une page Facebook.

Loges. PhotoGuyDieppedalle

Facebook ne doit rester qu’un simple relai de ton site ou de ton blog

La communication est un dispositif complexe. Comme une marionnette à fils le système doit être manipulé avec prudence. Nous conseillons aux compagnies de théâtre d’amateur d’établir un « Plan de communication ». Son utilité est de définir les différents supports d’informations à la disposition de la troupe ; Le niveau de bénévolat. Les outils techniques. Le budget. Facebook peut être l’un de ces composants : Utile dans la diffusion de l’affiche et des prochaines dates de ton spectacle. Utile dans la collecte des avis des spectateurs et des amis. Outil relationnel et rapide dans un réseau social. Mais pas d’avantage.

Nous conseillons aux compagnies de théâtre amateur d’inscrire l’utilisation d’un blog (ou d’un site web) dans leur plan de communication. Le placer en « Numéro Un » de l’information sur le web. Peu onéreux, plus esthétique et artistique qu’une page Facebook, le blog constitue un outil d’informations que tu peux gérer aisément et en direct. Il contient toutes les informations sur ta compagnie. Sur le spectacle ou les spectacles à l’affiche ou passés. Sur les auteurs. Sur la vie publique de la troupe. Ta page Facebook devient alors un simple outil d’alerte de ton réseau social. Un relai. Par un lien en direction de ton blog, Facebook guide tes amis et partenaires vers les informations contenues dans cet espace officiel de ta troupe qu’est un blog ou un site. L’image de ta compagnie, sur le web, en sortira renforcée.

Autres pistes de promotion sur le web : la Newsletter, les mails, la Presse, les sites de tes partenaires. Et si ta compagnie adhère à la fédération de théâtre amateur, tu peux utiliser, par exemple, une page du site régional de la FNCTA http://fncta-auvergne-rhone-alpes.fr/
En un mot : Garde précieusement la maîtrise de l’image de ta compagnie et de ta communication sur internet.

Les questions que l’on peut se poser

Il n’est pas interdit, non plus, de se poser quelques questions : Peut-on considérer Facebook comme faisant partie d’une réseau dit « social » sachant que les auteurs n’y sont pas respectés dans leurs droits fondamentaux ? Un réseau dit « social » managé par une multinationale qui ne paie aucun impôt sur le territoire français mais se permet de vendre la création française sans état d’âme interroge. Doit-on cautionner de telles pratiques en continuant d’alimenter ce type de réseau ?

Guy Dieppedalle. Ecrivain. Architecte de mots éphémères

Documentation complémentaire

Source. Voir l’article qui a inspiré ce billet d’humeur : https://www.reseausocialfamille.com/dangers-sur-facebook
Voir l’article : Internet fait-il peur aux compagnies de théâtre d’amateur + d’infos
Droit à l’image des personnes. Sur Service Public + d’infos