Les Diablogues. Des mots subtilement chargés de vie. Par Michel Pierre

Photo Yannick Perrin

Article de presse

Au début, deux chaises, minuscules sur cette scène immense. Deux chaises noires ; ils s’avancent tous deux, de noir vêtus, comme perdus et sans repères… Et puis les mots, les mots qui arrivent par vagues, qui envahissent la scène, qui submergent nos deux compères, qui montent jusqu’à nous.
On parle de quotidien, et soudain ce quotidien dérape ; sans prévenir ; sans qu’on sache qui est responsable de ce dérapage ; il est trop tard pour redresser la barre, on est partis sur le chemin de l’absurde…

Mots insensés

Et on les accompagne volontiers ces deux joyeux drilles, en se laissant guider par leurs regards étonnés, surpris de prononcer tant de mots insensés. On est avec eux au restaurant, on renonce à manger avec eux tant ce restaurant semble hors de la vie. Les rencontres se suivent et, au point où nous sommes, tout ce qui nous semble logique a déserté la scène.
On joue de la musique dans un placard aussi. Un concerto, en toute simplicité, mais en sourdine aussi car on ne doit rien entendre. La femme du chef d’orchestre est allergique à sa musique… !!!
On croise un monstre sacré dans la rue, aussi bonne nageuse qu’interprète inoubliable de Bérénice… Tout est naturellement incroyable dans les rencontres proposées…
La pluie serait presque agréable tant elle procure d’échanges de mots à nos deux partenaires. On renoncerait au parapluie par amour de la douche…

Ping-pong vocal

L’un s’empare du texte, le tord, le meurtrit, le relance à l’autre ; ping-pong vocal entre nos deux comédiens, tour à tour adversaires et partenaires ; les passes sont douces, les tirs sont précis, et tout est parfaitement orchestré. Puis ils s’éloignent, et le ping-pong devient match de tennis, avec ses échanges, ses montées au filet et ses revers inattendus… Pas de vainqueur dans cette partie, autre que les mots qui triomphent d’être si libres et de voguer si haut dans le ciel au-dessus de nos esprits…
Nul besoin, dans cette précision « diabolique », de décors, d’accessoires ou de costumes superfétatoires ; ici, ce sont les mots qui nous électrisent, pas les pâles lueurs du superflu… Les mots suffisent, les mots essentiels et indispensables. Les mots qui nous reviennent après quelques secondes de réflexion, subtilement chargés de vie…
On en voudrait encore, tellement, de ces mots que nous emporterons avec nous pour les savourer en bonne compagnie, au calme du foyer…

Michel Pierre
Auteur de théâtre. Ecrivain. Membre de la Compagnie Les Gars de la Rampe. Rumilly 74

Sites et articles à découvrir

° Les Diablogues. Le spectacle. Page complète. C’est ici.
° Roland Dubillard, auteur, comédien, homme de radio. Vu par France Culture  https://www.franceculture.fr/personne-roland-dubillard.html
° Roland Dubillard, un auteur loin d’être absurde. Billet d’humeur de Guy Dieppedalle
° Les Diablogues, un projet fédérateur. 4 associations mutualisent leurs talents.
° Site de l’association Artissimo Annecy  + d’infos
° Site de notre partenaire l’Auditorium de Seynod (74). Programmation Auditorium
° Yannick Perrin photographe  + d’infos
° Site de notre partenaire Technique : Rouge banane Théâtre
° Site officiel de Roland Dubillard  + d’infos
° Site du théâtre de la Roëlle, Villers-lès-Nancy. Festival l’Humour en poche

Rubrique Agenda

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